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lun. 22 oct. 20h30 JAZZ |
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Si, en matière de rencontres interculturelles, un musicien a quelques longueurs d’avance, c’est bien le pianiste et compositeur Joachim Kühn qui, dès 1968, participait avec la fine fleur du free jazz américain et européen à l’enregistrement culte de l’Eternal Rythm du trompettiste Don Cherry dans lequel les sonorités de diverses flûtes extra-européennes, de gongs et de métallophones d’un gamelan indonésien se mêlaient à celles des instrument occidentaux. Un type d’expérience qu’il devait poursuivre jusqu’à nos jours avec, récemment, des duos avec des artistes de l’Afrique de l’Ouest ou du Liban et, à présent, le luthiste, multi-instrumentiste et chanteur gnawi du Maroc, Majid Bekkas.* Joachim Kühn est une des figures les plus marquantes du jazz européen d’aujourd’hui et les habitués du Théâtre de la Ville ne sont pas près d’oublier l’exceptionnel concert qu’il a donné, il y a deux ans, en duo avec Michel Portal. Né en |
Allemagne, à Leipzig, c’est en tant que virtuose du piano classique qu’il a débuté très jeune sa carrière, avant de s’adonner avec passion à sa musique de prédilection où il s’imposera très vite sur un plan international. Loin de tout exotisme de surface, la rencontre de Joachim Kühn et de Majid Bekkas est celle de deux artistes d’une extrême sensibilité qui, pour venir d’horizons différents, possèdent chacun dans leur domaine une culture étendue. De la musique classique arabo-andalouse aux traditions les plus populaires du Maroc, Majid Bekkas connaît toutes les subtilités. Mais la clé de la réussite de son duo avec Joachim Kühn, auquel se joindra le percussionniste espagnol Ramon Lopez, provient sans nul doute de l’étude approfondie de la musique de transe des anciens esclaves noirs Gnawas qu’il a menée auprès du maître Bahoumane. C’est ainsi que la mélancolie des sons très graves qu’il tire de son luth à caisse rectangulaire guembri renvoie de façon troublante à celle du blues. Daniel Caux |
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This is a summit meeting between the German pianist Joachim Kühn, the Moroccan singer and guembri player Majid Bekkas and the Spanish drummer Ramon Lopez. Once they have asserted and meshed their differences, the three improvisers in fact explore the same fine boundaries. They delineate the contours of a common world of sounds and emotions. The resulting music is both solidly structured and radically free. It is fraught with splendid energy. Their free jazz is ample and lyrical while shunning any form of cheap exoticism. These musicians are constantly on the alert and have mastered the art of unrestrained interplay. Not only are they outstanding musical artists, they truly are magicians who bring forth an alchemy of as yet unheard sound alloys which propel us into unchartered territories. Frank Médioni |
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