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Pêche, amour et poésie. À partir de quelques nouvelles de Tchekhov pratiquement inconnues, qui toutes parlent de l’art de la pêche, Lilo Baur nous emmène en Russie. Au bord de l’eau. dans un espace où l’imagination peut se déployer sans entrave. Il y est question d’amour et de tendresse, de rires et de sourires, de quelques larmes aussi, et de cet infatigable besoin de bonheur qui anime les poissons et les hommes. Nous allons avec eux, guidés par un écrivain, redevenu petit garçon, garnement ne craignant pas le chantage aux sentiments, en même temps que carpe d’espèce mâle, follement amoureux d’une jeune fille à la voix d’or. Nous sommes en Russie, où rien n’est impossible. Et nous allons au long des saisons, jusqu’à l’hiver glacé qui transforme les fleuves en patinoires, sous lesquelles rêvent les poissons, sur lesquelles dansent les humains. Colette Godard |
Fishing, love and poetry: using a few and almost completely unknown short stories by Tchekhov which all deal with the art of fishing, Lilo Baur takes us to Russia, to the water’s edge, a space where imagination can freely spread out. It is all about love and tenderness, laughing and smiling, about a few tears too, and this tireless need for happiness which humans and fish share. We go along with them and we are guided by a writer who has become a little boy again,a little rascal who doesn’t shrink from emotional blackmail, as well as by a male carp madly in love with a young girl and her golden voice. We are in Russia, remember, where nothing is impossible. And we follow the seasons until winter, which freezes rivers into ice rinks, under which fish dream, and on which humans dance. Colette Godard |
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photos Mario del Curto Tendresse, inventivité, poésie ; sept comédiens accomplissent des prodiges… Des prodiges de simplicité, d’impressionnisme climatique, d’habileté créative, de drôlerie, de tendresse… Une succession de tableaux d’une liberté particulièrement touchante. La liberté d’un théâtre qui rayonne et qui vibre. La Terrasse |
Lilo Baur Suisse de naissance, elle suit les cours à l’École de Jacques Lecoq, fait ses débuts professionnels à Londres, en tant que comédienne au National Theatre, participe avec Simon Mc Burney au Théâtre de Complicité, gagne le prix de la meilleure actrice au Canadian Award, pour Les Trois Vies de Lucie Cabrol. Elle y joue également Marguerite Duras (India Song). Polyglotte et cosmopolite, on la retrouve notamment à New York, au Festival d’Avignon (Honorée par un petit monument de Denise Bonal, Alice in Wonderland…), à Athènes où elle met en scène Le Roi cerf de Gozzi, Le Conte d’hiver. À Barcelone (La Puce à l’oreille de Feydeau). Elle tourne pour la télévision et au cinéma, travaille avec la chorégraphe Joëlle Bouvier, avec Peter Brook aux Bouffes du Nord (comédienne dans Hamlet, collaboratrice pour Fragments d’après quatre textes de Beckett). |
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Le MONDE samedi 5 avril 2008 Voilà un spectacle pour tous les amoureux de Tchekhov et pour tous les autres – ceux qui ne savent pas encore qu'ils le sont. On boit pas mal de vodka dans ce Fish Love – on est en Russie – mais le spectacle conçu par la metteuse en scène Lilo Baur est plutôt champagne. Il provoque une douce euphorie, qui ne se dément pas de longues heures plus tard. Ce n'est pas le Tchekhov des grandes pièces qui fait la matière de cette petite merveille drôle et touchante, mais celui des premières nouvelles où se mêlent l'amour de la pêche et la pêche à l'amour. Un tout jeune Tchekhov qui écrit à la pelle pour nourrir sa famille, des histoires courtes pour les journaux. et qui se souvien de son enfance à Taganrog, petite ville des bords de la mer Noire, où les garnements dans son genre vadrouillent entre ville et campagne et l'école grecque où ils sont scolarisés. A travers ces parties de pêche, c'est la vie qui va, dans son absurdité de tous les jours. Une carpe est désespérément amoureuse de la jeune femme qui lance sa ligne dans l'eau. Un jeune couple se noue entre deux prises, et laisse filer dans l'herbe la perche qu'il venait de ferrer. Une énorme lotte, coincée dans les racines d'un saule, provoque une virile et mémorable partie de pêche. |
Oui, c'est la vie comme elle va, et Lilo Baur la recrée avec un charme irrésistible. Ce Fish Love est pure poésie scénique. Une poésie comme celle de Tchekhov, à l'économie : un espace vide qu'anime la beauté des lumières, et où les souples joncs en métal – les cannes – se balancent dans l'air comme roseaux dans le vent. Et des acteurs habitent avec grâce et évidence cet univers finement burlesque. Et puis il y a les rêves que l'on fait dans un pays où coule un fleuve nommé Amour. Oui décidément, «L'Amour est une région bien intéressante». On pense à Raymond Carver : lui aussi goûtait le bord de l'eau qui emporte dans son cours nos rêves de paix et d'amour. Fabienne Darge |
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Le Figaro lundi 7 avril 2008 Pêche, amour et fantaisie On connaît bien la magicienne qui a conçu et mis en scène ce spectacle enchanteur. Lilo Baur est une comédienne douée et entreprenante. Du Royal National Theatre de Londres à la compagnie de l'inventif Simon McBurney, le Théâtre de Complicité, elle a fait ses classes sur les meilleurs plateaux. A Paris, elle a travaillé avec Peter Brook dont elle l'une des assistantes sur Fragments (la superbe suite de pièces brèves de Beckett actuellement présentée aux Bouffes du Nord). Fish Love est un montage que Lilo Baur a mis au point avec Hélène Patarot. C'est d'une fluidité d'eau claire, d'une flexibilité de roseau. Pas d'autre décor (Michel Levine, James Humphrey) que quelques tables et de longues et souples tiges, cannes à pêche comme bouleaux. Ici tout se transforme magiquement en bruitage, musique, lumières. |
Deux filles et cinq garçons nous entraînent dans ces tragédies minuscules, ces comédies miniatures, ces épiphanies sensibles, tirées des nouvelles de Tchekhov qui tient lieu de narrateur. Les interprètes viennent de tous les horizons. Ils sont polyglottes, leurs accents sont un charme supplémentaire. En mouvements harmonieux et gestes simples, précis, ils nous font croire que, sur ce plateau vide, il y a des forêts, des prairies, des rivières profondes – et on les «voit» nager ! –, des poissons… L'eau est prise par les glaces et l'on patine sur des airs déchirants. Un bijou de spectacle, émouvant, drôle, unique. Armelle Héliot |
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