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L’Araignée de l’éternel |
Claude Nougaro |
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Irrésistible. Aussi incontournable en bête de scène qu’en incarnation du mâle séducteur, Claude Nougaro avait, sous les feux de la rampe du show-business, toutes les allures d’un mythe. Petit, c’est à travers la lucarne du poste familial de la télévision que Christophe Rauck l’a découvert ainsi. S’agissant de tirer le portrait de l’artiste, il prône une approche sensible qui mêle et le regard de l’enfant qu’il fut et celui du metteur en scène fasciné par ses textes qu’il est devenu. Un parcours théâtral en forme d’utopie textuelle où il s’agit de révéler derrière l’omniprésence du chanteur, l’immense talent d’écriture du littérateur Claude Nougaro. Patrick Sourd |
Claude Nougaro Après avoir raté son bac à Toulouse, il monte à Paris, pige dans plusieurs journaux, écrit des textes pour Philippe Clay, Marcel Amont, en envoie à Marguerite Monod qui les met en musique. Et puis, rencontre Georges Brassens, dont il deviendra un ami. Il fait ses débuts d’interprète au Lapin Agile, passe en première partie de Dalida, mais le succès arrive, s’installe. Il est une star internationale, chante dans les plus grandes salles, en France et partout dans le monde. En 1988, il reçoit la Victoire de la musique du meilleur album. En 1995, il est opéré du cœur, se remet mal, meurt en 2004. |
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The Spider of Eternity [L’Araignée de l’éternel], texts by Claude Nougaro stage direction Christophe Rauck He was irresistible. A born performer and the paragon of male seduction, Claude Nougaro unquestionably loomed large in show-business and before its footlights he had become a myth incarnate. Such was the image Christophe Rauck formed when, as a boy, he discovered him on the family TV screen. Having chosen to draw a portrait of the artist, Rauck advocates an emotional approach mixing the vision of the child he was and that of the director beguiled by Nougaro’s texts he has become. He invites the audience to dramatic wanderings into a utopia of words and texts, so as to disclose behind the singer’s towering presence Nougaro’s immense literary talent as a writer. Patrick Sourd |
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Christophe Rauck Comédien, notamment avec Ariane Mnouchkine (Les Atrides, La Ville parjure), il crée avec des compagnons issus du Théâtre du Soleil, la compagnie Terrain Vague (titre provisoire). Il met en scène Le Cercle de craie caucasien de Brecht, qui sera accueilli au Théâtre du Soleil ainsi qu’au Berliner Ensemble dans le cadre des festivités pour le centenaire de la naissance de Brecht (1997). Et puis ce sera Shakespeare (Comme il vous plaira, La Nuit des rois), Simovitch (Théâtre ambulant Chopalovitch), Evgueni Schwartz (Le Dragon), Brecht (Galilée) Gogol (Le Revizor), Martin Crimp (Getting attention) aux Abbesses, en 2006. Et entre-temps, du burlesque français : Labiche (L’Affaire de la rue de Lourcine), Cami (Le Rire des asticots). Il a enseigné au CNR de Montpellier, à l’école du TNS et au CNSAD de Paris. Il a dirigé le Théâtre du Peuple de Bussang de 2003 à 2005. En janvier 2008, il prendra la direction du Théâtre Gérard-Philipe, centre dramatique national de Saint-Denis. |
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« Je veux bien être un chanteur populaire à condition que le peuple emprunte une voix royale », disait Claude Nougaro. Deux comédiens chanteurs et un guitariste vont emprunter cette voix royale pour voyager dans la langue et le souffle de Nougaro à travers ses chansons et ses textes poétiques. Christophe Rauck photo de répétition F. Vernhet |
Ouest-France Vendredi 2 mai 2008 Une scène, un micro, un costume sombre à fines rayures et un corps qui se balance dans le tempo. Prend la parole, scande sa prière, le rythme dans la peau. Sur l'écran des nuits blanches sans Nougaro, parti en 2004, le metteur en scène Christophe Rauck (Le Révizor de Gogol l'an dernier au Grand T) a projeté deux visages, deux voix aux intonations jumelles. Nougaro femme, c'est Cécile Garcia Fogel, comédienne et chanteuse. L'homme, c'est Philippe Bérodot, chanteur et comédien. Leurs timbres ronds et rageurs se baladent dans les chansons du poète blanc de peau, métissé d'âme, le cœur chaviré de rose. Légers, époustouflants, jamais dans l'imitation mais si justes dans la pulsation de ces mélopées tribales, les rythmes syncopés, la douceur du swing. L'Araignée de l'éternel n'est ni un concert ni une pièce de théâtre musical mais un objet difficilement identifiable en lisière de ces genres. Un voyage dans la poésie de Nougaro, ses chansons et ses récits (des bijoux : Victor à la cervelle d'or, La Plume de l'ange) déjà calibrés pour la mise en scène. Celle de Christophe Rauck est sobre, délicate, fidèle, au service des mots. Une vidéo d'archive plante le personnage : fin, drôle, spirituel. Filmés, les visages des comédiens apparaissent en fond de scène. La musique elle-même est en retrait. Sur une scène que l'on aimerait plus intime, le fantôme de Nougaro revit, mélancolique. Vite, réécoutons-le ! Isabelle Labarre |
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