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Luke et Ned, deux frères, se retrouvent après une séparation de dix ans. La mort de leur mère les réunit, c’est l’occasion de briser le silence et refaire connaissance. Ce qu’ils font, inventant pour cela un rituel étrange autour duquel, soir après soir, la réconciliation devient effective. L’auteur australien Daniel Keene signe une fable âpre et moderne, mêlant archétype et parabole. Si l’on pense à la genèse (Abel et Caïn), on convoque aussi les images de conflits actuels où se déchirent des peuples partageant de sang ou de terre identique. Le metteur en scène Krystian Frédric qui traque au plus près de l’émotion le pas à pas fraternel des héros, n’est pas un doux naïf. Mais il rêve d’un théâtre qui, en marge du monde et de ses déchirures, jouerait son rôle de consolateur et, – pourquoi pas ! – d’initiateur. Son spectacle, qui joue de l’intime et de l’universel, a des vertus pacificatrices. Joëlle Gayot |
Daniel Keene Né à Melbourne, depuis 1979 il écrit pour la radio et le cinéma autant que pour le théâtre. Il reçoit de nombreux prix et ses pièces sont jouées bien au-delà des frontières australiennes. En 1997, il fonde avec Arlette Taylor le Keene Taylor Theater Project, dont plusieurs productions sont reprises au Festival International de Melbourne, et à celui de Sydney. En France, Jacques Nichet monte Silence complice en 1999. D’autres suivent, nombreuses, dont La Marche de l’architecte créée au Festival d’Avignon 2002 par Laurent Cojo, Terminus en 2002 aux Abbesses par Laurent Laffargue qui, pour le programme du Théâtre de la Ville hors les murs, monte Paradise codes inconnus 1, à la Commune, CDN d’Aubervilliers où Daniel Keene est alors auteur résident. |
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Half & half by Daniel Keene [Moitié-moitié] Luke and Ned, two brothers, meet again after a ten-year separation. It is the death of their mother which reunites them. It gives them the opportunity to break their silence and to rediscover each other. And that is exactly what they do when they invent a strange ritual which takes place every evening and enables them to be reconciled. The Australian author Daniel Keene has produced a harsh and modern fable that mingles archetypes and parables. The play evokes the story of Cain and Abel in Genesis, but it also brings to mind the images of today’s conflicts, of peoples tearing each other apart even though they share the same blood or the same land. Director Kristian Frédric minutely dissects the step by step emotional progress of the protagonists’ brotherly relationship. His approach is anything but naive. He dreams of an ideal theatre set apart from the world’s sound and fury, playing its part as great comforter or even possibly initiator. His production, which links the intimate and the universal, has soothing and pacifying virtues. Joëlle Gayot |
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Kristian Frédric En 1983, il signe sa première mise en scène, un solo avec Pierre Salvadori, continue jusqu’en 1985. Il est également comédien, journaliste, technicien au théâtre, professeur, assistant. Notamment de Jean-Louis Thamin, Pierre Romans (Ivanov), Patrice Chéreau (Hamlet). En 1989, il prend la direction artistique de la Compagnie Les Lézards qui bougent, basée à Bayonne. En 1990, il revient à la mise en scène, monte entre autres La Maladie de la mort de Duras, Ils crèvent les yeux aux colombes d’Arrabal, Dans la solitude des champs de coton de Koltès qu’il retrouve pour La Nuit juste avant les forêts aux Abbesses, puis au Québec où il travaille régulièrement. Il y enseigne à l’École nationale du Canada, participe au Festival “Paroles à ma tribu”, présente Big Shoot de Koffi Kwahule en 2005 et en 2007, puis créera Moitié-moitié. |
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| photo Y. McDonald |   | ||
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