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DE CHAIR ET DE PLÂTRE, L’ATELIER DES BLESSÉS.


Habituellement, le thème et le scénario de vos spectacles naissent en fonction de la scénographie. Dans La Visita, vous devez au contraire vous adapter à des espaces donnés, chaque fois différents. Pourquoi cette excursion dans la création in situ ?

GABRIELA CARRIZO : En effet, nous nous lançons là un nouveau défi. Tout est parti du Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers (KMSKA) où nous sommes en résidence. Il rouvre actuellement, après dix ans de rénovation. Nous avons créé la première étape de La Visita à la Collezione Maramotti à Reggio Emilia. Après Paris, nous serons au KMSKA, chaque fois avec peu de temps pour nous approprier les lieux.


On retrouve dans La Visita certains personnages qu’on avait croisés dans vos pièces précédentes, notamment dans Moeder (Mère).

G. C. : Cette pièce se déroule dans une galerie d’art qui est en même temps une maternité, une morgue etc. L’idée est que certains personnages continuent à vivre au-delà de Moeder. Nous aimons aussi faire participer les gardiens du musée ou autres personnes, comme à Reggio Emilia. À Paris, nous invitons des étudiants de l’Académie Culture-Santé, créée par le Théâtre de la Ville et la Pitié-Salpêtrière, et de la faculté de Médecine à la Sorbonne Université.


Dans un lieu d’art contemporain, vous travaillez comme à partir d’une page blanche. À la Chapelle Saint-Louis vous êtes accueillis par des siècles d’histoire ! Comment adaptez-vous le travail avec les œuvres d’art ?

G. C. : À Reggio Emilia, dans le contexte du confinement, j’imaginais que les œuvres étaient en deuil car privées du contact avec les humains. À Paris, la performance se déroule dans une sorte d’atelier de restauration où on répare et guérit des œuvres et des blessures humaines. Aussi La Visita permet la rencontre entre les trois dimensions présentes à la Salpêtrière, à savoir l’hôpital, la Chapelle et l’art.


La Chapelle est certes un lieu religieux, mais son ambiance peut faire penser aux fantômes, ce qui doit vous convenir puisque le surnaturel a toujours occupé une place importante dans les spectacles de Peeping Tom.

G. C. : Il est vrai que nous aimons les ambiances absurdes et surréelles. À la Salpêtrière qui a, par les célèbres travaux du docteur Charcot, une grande histoire avec la neurologie, la folie et l’extase, nous imaginons un espace mental où se croisent la science, les soins et la croyance. L’idée vient là aussi du KMSKA où j’ai pu visiter les ateliers de restauration. Il y avait des Rubens qui côtoyaient des sculptures de la Vierge, affublées de petites étiquettes et de pansements, comme si on était à l’hôpital.


Propos recueillis par Thomas Hahn