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Ils avaient commencé la danse ensemble, il y a un quart de siècle environ, dans les fulgurances de la street dance et de l’esprit hip hop. Ce fut leur « point zéro », mais ils ne le savaient pas encore. Depuis, Amala Dianor, Johanna Faye et Mathias Rassin ont suivi des parcours différents, emblématiques pour les diverses facettes des danses urbaines. Amala Dianor qui a fait d’une incomparable fluidité sa signature si unique, a fondé sa compagnie en 2012 et s’est mis à chorégraphier tous azimuts, créant une série de pièces qui ne cessent de tourner. En retrouvant aujourd’hui le plateau et ses anciens camarades, il définit plus clairement que jamais son style en tant que danseur.

Johanna Faye est passée par le Brésil avant de créer en France, avec Saïdo Lehlouh, la compagnie Black Sheep. Son geste dansé s’impose aujourd’hui avec l’évidence d’une profonde philosophie de vie, issue des réalités du quotidien, et sa présence s’élève au-delà des questions de genre. Le troisième pôle du trio d’exception de Point Zéro est incarné par Mathias Rassin. Membre du collectif Serial Stepperz et électron libre dans un tourbillon de styles, il a continué à affiner le sien entre la street dance et le top-rock, style du hip hop dans lequel il officie en tant que B-Boy Thias. A son palmarès, cinq titres de champion du monde ! Aussi reste-t-il fidèle aux origines de la danse, jadis partagée avec ses deux camarades qui ont exploré d’autres contrées chorégraphiques. A l’arrivée, Amala Dianor est aujourd’hui l‘un des chorégraphes les plus demandés, et Johanna Faye fait partie du collectif FAIR–E qui dirige le Centre Chorégraphique National de Rennes.

L’idée de se retrouver pour créer un trio commença à prendre forme en 2019, dans le but de revisiter les parcours respectifs. Un de leurs points de rassemblement originels était, selon Amala Dianor, le parvis de Notre-Dame. « Curieusement, Notre-Dame a brûlé cette année, créant l’émoi que l’on connaît », écrit-il alors. Dans Point Zéro, ils libèrent la flamme de la danse, flamme qu’ils ont toujours en partage, alors qu’ils ne dansent plus de la même manière, les esprits ayant mûri et les corps aussi.

En confiant la création musicale à Awir Leon, Amala Dianor invite ici une figure incontournable de la musique électro-soul, qui est en même temps, comme Amala Dianor lui-même, un ancien danseur de la compagnie d’Emanuel Gat. Les deux se connaissent donc parfaitement ! Pour Point Zéro, Awir Leon et les danseurs inventent un nouveau rapport vivant à la musique, grâce à une sorte de Juke Box où la bande son se compose en direct. En complément au trio, Amala Dianor vient de transmettre, sous un nouveau titre, son iconique solo Man Rec à Nangaline Gomis qui se l’approprie au féminin, libre et fluide, dans la plus pure intelligence cinétique, forgée par son parcours entre théâtre, danse africaine, contemporaine, hip-hop, classique et jazz.


Thomas Hahn