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Vous avez lancé votre abécédaire chorégraphique en 1985, avec Antiquités. Depuis, les mots sont inséparables de vos créations et vous écrivez des textes pour le plateau. Par ailleurs, votre compagnie s’appelle La Liseuse. GEORGES APPAIX : Au départ, j’avais écrit un texte sur chaque lettre de l’alphabet, où le B renvoie à Bach, le D à Deleuze, le J à jouer, etc. Pour XYZ ou comment parvenir à ses fins, nous avons édité un livret qui inclut un texte de moi, un autre de Christine Rodès qui a suivi notre travail depuis le début, et des pages de création graphique. On y circule de manière légère et ludique. Chez nos coproducteurs, dont le Théâtre de la Ville fait partie, il est distribué gratuitement.

Avec XYZ, vous terminez ce cycle sur un projet où vous intégrez une nouvelle strate, à savoir le numérique, en faisant du site internet de La Liseuse un terrain de jeu. On y prolonge l’expérience faite au théâtre, et inversement. G. A. : Dans la mesure du possible, nous installons quelques écrans permettant d’accéder à notre site web – laliseuse.org – pour circuler dans l’histoire de la compagnie, avec des vidéos, des photos, des textes, des musiques… L’ensemble éclaire nos thématiques et les univers qui nous ont influencés.

Une fois de plus, votre scénographie est très « lettrée » !
G. A. : J’ai demandé au Groupe Dunes, créateurs d’installations son et vidéo, de concevoir un alphabet pour XYZ. Ces lettres sont en carton ou en métal, certaines sont lumineuses. Elles viennent rythmer le spectacle et parfois le perturbent, mais ne composent que peu de mots.

Comment avez-vous écrit la partition chorégraphique ?
G. A. : Nous sommes sept et avons entre vingt-cinq et soixantecinq ans, avec des manières très différentes de nous exprimer par la danse. Certaines parties sont écrites par les danseurs eux-mêmes. En tant que chorégraphe, je tente de les rassembler et j’écris des unissons plus légers où prime le plaisir d’une danse partagée. On trouve cette fois aussi quelques allusions à mes autres spectacles, par exemple Basta, de 1989. Ça crée une sorte de raccourci entre le présent et le passé.

XYZ marque la fin de votre parcours de chorégraphe. En même temps, vous ouvrez une voie pour penser la création autrement, comme pour passer le relais à de nouvelles générations, en leur disant : « Continuez ! » G. A. : L’injonction à leur égard concerne aussi la recherche de nouvelles libertés, notamment à travers les contraintes formelles. J’espère aussi que notre site internet donne envie de cir culer librement dans notre pensée. En aucun cas, je ne voulais faire une pièce nostalgique, même si je reste très attaché à la lecture sur papier, puisque la typographie fait partie de notre travail.

Puisque vous ne créerez plus de pièces de danse, quels sont vos projets en tant que « retraité » ? G. A. : D’abord, nous irons au bout de l’exploitation de XYZ. Après, je ne sais pas trop. J’ai envie d’écrire, pour aller au bout de mon travail, probablement dans un projet avec le Centre national de la Danse. Et nous allons finaliser nos archives, en collaboration avec le CND, pour préparer leur passation.

Propos recueillis par Thomas Hahn