Espace Partagé

Espace Partagé

Catégories
${ getMainCategory(selectedNews) }
Retour
${ calendarTrans }
Aucun événement disponible
Partager

La liberté des corps n’a pas supprimé tous les enjeux de l’amour ou du désir amoureux. Rencontre avec Johanny Bert quelques temps avant la création de La (nouvelle) Ronde.

Inscrivez-vous ce nouveau spectacle dans la continuité de votre travail précédent, Hen, qui mettait en scène une marionnette parlant librement de sexualité ?

Je voulais en effet continuer à parler d’amour, de genre, de sexualité au présent à travers cette prothèse qu’est la marionnette. Contrairement à HEN, dans cette nouvelle création, pas de cabaret ni de corps sexualisés-clichés mais l’envie de parler d’amour et de sexualité sous un angle plus politique et surtout intime. C’est complexe et passionnant. Nos corps sont de plus en plus politiques et sujets d’affirmations d’identités.

Pourquoi choisir des corps marionnettiques pour incarner les personnages ?

La marionnette est un outil scénique et dramaturgique qui me passionne comme un pro¬longement pour l’acteur. trice. Cet objet inanimé auquel l’acteur donne voix et mouvements avec beaucoup de précisions me permet d’apporter un regard à la fois plus tranché et plus symbolique sur notre société. Peut-être plus libre aussi. La marionnette nous oblige à la transposition, à la fiction. Je n’aurais pas pu faire ce projet sans des corps transposés. Je ne me serais pas senti à la bonne place, je crois. La marionnette permet de montrer l’invisible de nos corps, de nos sexualités, de certains sentiments.

![]https://api.theatredelaville-paris.com/assets/w600-h800-q80/24518172/la_nouvelle_ronde_repetition_1_christophe_raynaud_de_lage.jpg

Le titre de votre spectacle La (Nouvelle) Ronde est-elle une référence directe à la pièce homonyme d’Arthur Schnitzler ?

Oui. Sa construction dramatique est très intéressante et d’une originalité qui m’a toujours semblé pertinente. Écrite en 1893, publiée en 1903, censurée jusqu’en 1920, elle a été l’objet d’un scandale à l’époque. Tous les personnages de Schnitzler sont blancs et hétérosexuels. Il me semblait donc important d’écrire une nouvelle pièce conservant le schéma initial mais avec des personnages d’aujourd’hui qui se questionnent sur leurs désirs amoureux et leurs pratiques sexuelles. J’ai donc demandé à Yann Verburgh dont j’apprécie depuis longtemps le travail, non pas d’adapter le texte de Schnitzler, mais d’en composer un nouveau.

Une nouvelle galerie de personnages ?

Nous ne pourrons représenter au plateau toutes les catégories possibles de relations amou¬reuses. C’est joyeusement impossible! Tant mieux. Nous avons fait un choix de personnages d’âges et de niveaux sociaux différents. Tous ont leur fonction dans la dramaturgie. Nous leur avons inventé des parcours de vie, des sexualités, des désirs, des blessures, des fan¬tasmes pour tenter de mettre en lumière notre société riche et multiple. Notre nouvelle ronde s’inscrit dans le monde d’aujourd’hui dans lequel il me semble qu’il y a un vrai questionnement sur le rapport entre amour et désir sexuel. La liberté des corps n’a pas supprimé tous les enjeux de l’amour ou du désir amoureux.

Propos recueillis par Jean-François Perrier