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Shiraz est une pièce qui vous a fait connaître en France et en Europe. Mais Shiraz est aussi une ville du sud de l’Iran. Êtes-vous originaire de Shiraz?

Non, je suis né à Busher, à quelques heures de route de Shiraz. Mais s’il est vrai que je suis souvent allé à Shiraz, ma relation à cette ville n’est pas le sujet de la pièce. J’ai fait un long chemin avant d’arriver à cette création. À l’origine, en Iran, j’étudiais et pratiquais le théâtre. Mais les approches pédagogiques et artistiques étaient très littéraires et classiques. Je cherchais de nouvelles inspirations et j’en ai trouvé à la Norwegian Theatre Academy, avant de faire mon Master à Berlin où je vis aujourd’hui. Le titre de ma pièce ne se réfère pas à la ville de Shiraz mais à une aventure artistique ouverte et internationale, le Shiraz Festival of Arts qui a existé de 1967 à 1977 et qui a entre autres accueilli Jerzy Grotowski, Peter Brook, Tadeusz Kantor et Robert Wilson.

Si ce festival est un mythe du paysage artistique, vous êtes bien trop jeune pour avoir pu y assister. Comment l’abordez-vous et que signifie-t-il pour vous?

Ce festival m’est venu à l’esprit comme un endroit où mon travail aurait pu trouver sa place, en raison de son ambition de présenter des cultures et formes d’expression très diverses. J’en ai donc étudié les archives et c’est justement ce rapport distancié qui me permet d’en imaginer des aspects correspondant à notre époque et mon travail. Le plus important est que la pièce ne soit pas reçue et interprétée à travers le prisme de mes origines. D'ailleurs, aucun des interprètes n’est iranien. Je voulais créer une danse qui a ses codes et ses références, sans correspondre à une tradition identifiable. Shiraz est une pièce qui crée son propre contexte.

Comment avez-vous travaillé pour créer la danse très particulière de Shiraz?

Le Shiraz Festival of Arts a accueilli du Kathakali, Merce Cunningham et les ensembles nationaux du Nigéria et de l’Ouganda. Nous nous sommes initiés à ces cultures chorégraphiques, pour en avoir une idée. Sans avoir l'intention de les utiliser directement, je me suis rendu compte que de telles danses peuvent se superposer et qu’il existe des passerelles entre elles. Je voulais créer des gestes qui ne sont pas issus de telle ou telle tradition mais permettent à la danse de Shiraz de se constituer de façon autonome.

Que représente le geste central de Shiraz, la main face au visage et aux hanches?

Je cherche à faire disparaître le danseur derrière la danse pour éviter une lecture de la pièce à travers les origines de l’interprète ou un background supposé. À partir de là, le geste reste ouvert à toutes les interprétations. C’est aussi ce qui m’a intéressé dans la musique de EHSXN et Reza R, deux compositeurs de rap iranien, un style de musiques urbaines. Ils travaillent à partir de mélodies traditionnelles perses. Seulement, ils intègrent tellement de références qu’on ne sait plus où ranger le résultat. Et pourtant ils créent un rythme auquel on ne saurait se soustraire.

Propos recueillis par Thomas Hahn

Danse

2528 mars 2026

ARMIN HOKMI Shiraz • Création

avec 7 danseurs