Fiesta célèbre la force du collectif et de l’amitié. Son autrice, Gwendoline Soublin, nous en parle.
Plébiscitée par les enfants lors de comités de lecture organisés par le Théâtre de la Ville, Fiesta offre une façon de raconter qui donne de la joie.
Dans quel contexte avez-vous écrit cette pièce ?
C’était pendant l’épidémie de Covid. Il y avait des règles pour aller et venir, il fallait rester à la maison pour travailler, on n’avait plus le droit de voir les copains, la famille. C’était un moment de grand enfermement, de coupure avec le vivant, avec les autres, avec la joie. C’était aussi mon anniversaire et comme je n’ai pas pu le fêter dans la vie, j’ai fait la fiesta avec tous ces personnages que j’ai inventée. Le texte raconte ma tristesse de ne pas voir les gens que j’aime, ma colère de me sentir bloquée, ma déception aussi de ne pas être assez courageuse pour braver les interdits…
Vous traitez de thèmes difficiles que les adultes ont souvent du mal à aborder avec les enfants…
Les enfants habitent la même planète que nous, ils sont dans les mêmes problématiques. Parler de sujets difficiles, c’est juste normal, ils en ont besoin. Le théâtre sert à ça. On m’a beaucoup questionnée sur la fin triste, mais, pour moi, c’est ce qui donne tout son sens à la pièce. La question, c’est plutôt comment faire pour que, sans banaliser la violence et les difficultés, on trouve une façon de raconter qui nous donne de la joie, et l’envie de continuer à sentir, à penser, à faire société.
La pièce parle aussi du rapport entre les adultes et des enfants, de la place qu’on leur fait.
J’aime écrire des histoires où les enfants se débrouillent sans les adultes. Je suis convaincue que des enfants ensemble peuvent vraiment s’organiser, trouver du courage, être solidaires… j’aime cette idée du collectif qui, face à l’adversité, trouve, avec les moyens de l’enfance, par le jeu, par l’invention, ses propres solutions – des solutions qui nous font rire, qui nous touchent, mais qui sont des vraies solutions.
Votre texte a été reconnu par un comité d’enfants, qu’est-ce que ça représente pour vous ?
C’est important, c’est plus qu’une gratification. Cela signifie que les enfants se sentent entendus, qu’ils se sont reconnus, qu’ils ont trouvé un espace pour se projeter. Ça m’encourage à continuer.
Propos recueillis par Maïa Bouteillet
