Théâtre sans frontières

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A l’occasion de son retour à Chantiers d’Europe, Lena Kitsopoulou se raconte.

Vous écrivez, dirigez, jouez, chantez, sculptez. Lorsqu’on vous demande quel est votre travail, que dites-vous ? Lena Kitsopoulou – La première chose que je dis, c'est que je fais du théâtre.

Comment avez-vous senti que vous vouliez devenir actrice? LK – Je l'ai compris à partir du moment où je me suis impliquée dans l'équipe théâtrale de l'école. J’attendais avec impatience le vendredi, où nous répétions. J’y ai trouvé une joie intense.

Antigone, un sujet épuisé ?

Le spectacle que vous présentez à Chantiers d’Europe est tiré du mythe d’Antigone. Ce n’est pas un sujet épuisé ? LK – Cela fait partie des textes dont on ne se lasse pas, parce qu’ils donnent tellement de possibilités de penser et de créer ! Aucune phrase n’est univoque, tout est double. Il n'y a pas de conclusion. Nous vivons à une époque où nous sommes constamment obligés de prendre des décisions, d’avoir un point de vue, de choisir entre le bien et le mal. Des œuvres comme Antigone sont révolutionnaires à cause de leur architecture ; elles exaltent en même temps le pouvoir et la faiblesse.

Le tragique pour l'homme moderne Dans certaines versions d’Antigone, l'héroïne est fatiguée de résister. Dans votre adaptation, garde-t-elle son courage ? LK – Tout d'abord je ne fais pas Antigone de Sophocle. Je fais mon propre travail sur Antigone et essaie de la suivre, de faire en sorte qu’elle se sente bien. Dans la première partie, qui est le corps principal du projet, je présente une conférence sur Antigone, où je pose mes propres questions à travers sa figure : qu’est-ce qui apparait comme tragique pour un homme moderne ?

Provocations

En Grèce, votre travail est parfois qualifié de provocateur. Vous acceptez ce qualificatif ? LK – Ce mot est souvent associé à quelque chose de négatif, mais il peut aussi avoir une signification positive. Un artiste doit provoquer quelque chose ; ensuite, les gens choisissent d’aller au théâtre ou de ne pas y aller, comme cela peut aussi être un choix de se lever et partir. Un « provocateur » pour moi, c’est quelqu’un qui vous pousse dans la rue, qui parle fort dans un restaurant, qui met de la musique dans sa voiture et ouvre les vitres, ou… un politicien qui se moque du monde.

Propos recueillis par Jean-Marc Adolphe