Théâtre sans frontières

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Dans les créations de (LA)HORDE, la danse épouse pleinement l’évolution de nos sociétés. Avec To Da Bone, leur création précédente (primée au concours Danse élargie en 2016), le trio explorait avec brio la conscience d’une forme chorégraphique comme expression de désaccords, parfois inconscients, avec un monde dans lequel on naît sans trop comprendre pourquoi. Certains tentent alors, avec leurs propres corps, de se forger un univers parallèle dans lequel ils respirent mieux.

Dans Marry me in Bassiani, la rencontre entre danses traditionnelles et clubbing accentue l’opposition entre la pesanteur des traditions et la liberté revendiquée. Tout se cristallise autour d’un mariage hautement symbolique, où les codes, les espoirs et les violences éclatent au grand jour. Visiblement, ce couple n’a pas choisi de vivre ensemble

Nous sommes en Géorgie, pays d’Europe centrale où la danse représente bien plus qu’une façon de s’amuser. (La)Horde a rencontré l’ensemble Iveroni qui cultive une identité culturelle géorgienne à travers leur danse traditionnelle, d’abord contre la suprématie soviétique et aujourd’hui contre l’américanisation. En même temps on trouve à Tbilissi une population jeune et férue de techno. Aussi Bassiani n’est pas le nom d’un village de la montagne caucasienne, mais celui d’un club qui fait partie des plus grandes références européennes en matière de techno. Ce club à la vocation festive est devenu le fief de la mouvance LGBTQI+ géorgienne, et même d’une contestation politique. Ce qui a valu au Bassiani une descente policière et militaire massive et des menaces de fermeture qui ont entraîné, en 2018, une manifestation pacifiste sous forme de rave rythmée par la techno devant le parlement.

Les trois masterminds de (LA)HORDE – Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel – saisissent donc la danse là où se cristallisent des enjeux sociétaux, parfois conflictuels. Le choix de la Géorgie et de l’ensemble Iveroni témoignent de leur énorme curiosité et de leur mobilité. Ils ne sont en effet jamais là où on les attend, ce qui leur confère une capacité à nous surprendre qui se fait rare.

Thomas Hahn