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Paroles des artistes finalistes de DANSE ELARGIE

Du 10 au 25 septembre aux Abbesses !


SMAÏL KANOUTÉ

Never 21 est un projet qui témoigne de la grande urgence de création chez les jeunes qui vivent dans des environnements hostiles comme le Bronx, Soweto, les favelas de Rio de Janeiro ou La Goutte d’or, à Paris. Dans de tels environnements, où la création est synonyme de vie et de survie, on rencontre une impressionnante effervescence artistique. Si ces jeunes survivent et échappent aux cercles vicieux ultraviolents c’est par la création en danse et en musique. En montant sur scène, ils s’affirment et disent : Voyez, on existe !

J’ai rencontré Danse élargie il y a plusieurs années, quand on m’a parlé de l’appel à candidatures. On m’a aussi beaucoup parlé des beaux échanges entre les compagnies et de leur folle créativité. J’ai donc postulé deux fois, mais sans succès. La troisième fois j’ai été pris et j’en suis vraiment très content. C’est un des seuls concours pour la scène émergente et le Théâtre de la Ville construit de vraies relations avec les artistes. Je trouve formidable que toutes les compagnies finalistes de l’édition 2020, adaptée aux conditions de Covid-19, aient été soutenues. C’est un signe fort.


MELLINA BOUBETRA

J’aime bien travailler avec des outils qui ne viennent pas de la danse mais ont un rapport avec le mou¬vement. Ici cet outil est le piano. Rēhgma est une pièce très axée sur le travail des mains et les vibrations qui s’apprécie dans ses moindres détails. Noé Chapsal vient de la danse break où le rapport au toucher est aussi nuancé que chez les pianistes, ce qui ouvre un terrain commun permettant de transposer les vibrations du piano vers la danse et inversement.

J’ai déjà participé à Danse élargie en 2018, comme interprète de la compagnie Black Sheep, avec la pièce Apaches. J’ai trouvé très intéressant de voir autant d’univers différents portés par des personnes prêtes à défendre leurs visions et leurs façons de s’exprimer. De ce concours, je retiens entre autres une phrase forte, selon laquelle « tout peut exister ».


SEAN GANDINI

LIFE est une affirmation de la vie, une jubilation et une lettre d’amour à Merce Cunningham. Nous avons passé le temps du confinement à regarder comment on peut utiliser la cartographie de ses mouvements pour transformer l’art du jonglage. Nous avons créé 500 petits films sur smartphone et nous pouvons travailler trois heures pour trois secondes de LIFE. Par ailleurs, le jonglage est un art où on échappe aux catégories et aux définitions. C’est pourquoi nous l’aimons autant.

Quand nous étions à New York pour nos recherches sur Cunningham, quelqu’un disait : « Regardez ce festival, c’est exactement ce que nous sommes. » Il parlait de Danse élargie. En effet, cet esprit nous correspond parfaitement puisque nous nous situons aux abords de la danse. La combinaison danse-jonglage est notre raison d’être et nous nous demandons constamment : Faisons-nous de la danse ou pas? On peut résumer l’esprit de Danse élargie par cette devise de Merce : « La seule manière de le faire, est de le faire ! »


DALILA BELAZA

Rien ne me prédestinait à rencontrer Les Lous Castelous. Ils sont d’Aveyron et moi de Paris. Nos cultures et pratiques respectives de la danse sont très éloignées. Et pourtant, depuis trois ans, il s’est créé entre leur danse et la mienne, et plus largement entre eux et moi, une relation forte et particulière. Avec cette création qui a permis de faire communauté malgré nos différences, c’est notre lien à la vie, à la terre, à l’autre qui s’exprime et se met en partage. Ce qui vient de loin en nous. Je connaissais Danse élargie pour en avoir entendu parler depuis longtemps. Je n’y avais jamais participé pour autant. Pour cette création singulière, il m’a semblé évident qu’elle pouvait trouver sa place dans la thématique du concours qui a représenté un vrai tremplin et la possibilité d’être accompagnée. Le Théâtre de la Ville et la Fondation d’entreprise Hermès m’ont, par leur engagement à mes côtés, permis de continuer cette recherche.


YAÏR BARELLI

J’aime questionner un contexte tout en dévoilant sa beauté. J’essaie donc ici d’interpréter les Variations Goldberg dans une tension entre le classique, le trivial et le populaire. Chaque Variation a son imaginaire, du hip-hop au death metal. Cette partition de Bach m’a suivi au cours de mes vingt années de danse, du fameux solo de Steve Paxton à Jérôme Bel qui m’a fait chanter la partition dans une reprise de sa pièce Jérôme Bel. En plus, Goldberg était le nom de famille de mes grands-parents juifs polonais, avant qu’ils ne décident de le changer en émigrant en Israël.

J’ai participé à la première édition, en 2010. J’étais étudiant au CNDC d’Angers où l’idée d’un concours avait enclenché une vraie polémique. Avec Pauline Bastard et Ivan Argote, nous avons mis en scène un concours dans le concours, intitulé « Dance or die » pour tendre un miroir humoristique à Danse élargie. J’y suis retourné plusieurs fois comme spectateur, pour son ambiance conviviale, jeune et populaire. J’aime l’idée de Boris Charmatz de « prendre » le Théâtre de la Ville et de le rendre « fou », même si l’idée de concours reste à mes yeux problématique en soi.


SYLVAIN RIÉJOU

J’ai eu envie de me mettre tout nu afin de me mettre à nu, en partant du principe que dévoiler son corps permet de mieux dévoiler son intériorité, ses émotions, y compris celles que l’on ose difficilement ex¬primer en public. Car il existe aussi une pudeur émotionnelle. Par exemple, la joie est plus valorisée que la tristesse. J’aime l’idée, une peu candide que si nous parvenions à nous débarrasser de notre pudeur excessive nous pourrions nous donner plus de réconfort les uns aux autres.

Danse élargie m’a lancé dans mon parcours de chorégraphe. Pendant des années, j’ai tourné des vidéos chez moi, sans penser qu’elles pourraient intéresser les autres. J’ai tout de même fini par en envoyer une à Danse élargie pour la première édition, en 2010. Grâce à la diffusion de cette vidéo lors du concours, j’ai reçu une bourse pour développer mon travail. Depuis, les encouragements reçus lors du concours sont restés dans un coin de ma tête et continuent de m’aider, même si je n’y ai pas gagné de prix.