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Une énergie qui monte et déferle, un tremblement qui secoue le corps. La fureur à danser du chorégraphe Hofesh Shechter bouleverse les plateaux. Depuis la création de sa compa- gnie en 2008, à Londres, l’artiste a imposé son mouvement viscéral et ciselé, réceptacle d’émotions conflictuelles. Pour son dixième passage au Théâtre de la Ville, il distingue sa troupe junior composée de tout jeunes interprètes en leur confiant les clés d’une de ses pièces emblématiques : Political Mother, créée en 2010, et coup d’éclat dont il signe égale- ment la bande-son percussive et électrisante.

Pour quelles raisons remontez-vous, dix ans après sa création l’un de vos spectacles emblématiques Political Mother ?
HOFESH SHECHTER : Depuis la création de cette pièce en 2010, il y a chaque année une grosse demande de la part des diffuseurs et des spectateurs pour la programmer. Mais j’aime aller de l’avant et créer de nouvelles pièces. Je crois cependant que cette pièce est toujours per- tinente dans le contexte actuel. Lorsque je remonte certaines productions pour la compa- gnie junior, j’aime me donner la possibilité de jouer avec en quelque sorte, de leur apporter une nouvelle couleur. Dans le cas de Political Mother, j’ai décidé de changer la musique : elle était jouée live lors de la création ; elle sera enregistrée et diffusée en bande-son sur la re- prise. D’où le mot UNPLUGGED ajouté dans le titre.

Qu’entendez-vous exactement par « jouer » avec les spectacles que vous remontez ?
H. S. : Pour la première fois, j’ai décidé d’intégrer de la vidéo dans la pièce. Ce seront des pro- jections assez simples basées sur des effets lumineux en noir et blanc, plutôt sobres et abs- traits. C’est un nouveau médium, une nouvelle expression que je découvre et c’est très excitant. J’ai aussi coupé, changé ou modulé des parties sans pour autant transformer le cœur de la pièce. C’est comme lui trouver un autre parfum, une dynamique inédite. Ce qui est clair c’est que les spectateurs qui l’ont vue ne s’en souviennent pas précisément et que ce sera donc l’occasion de créer une relation différente avec la pièce.

Que représente Political Mother pour les jeunes interprètes de votre compagnie junior ?
H. S. : Le groupe, qui se renouvelle tous les deux ans, compte une dizaine de jeunes danseurs qui travaillent pour la première fois avec moi. Nous avons lors de chaque audition environ 1 000 personnes du monde entier qui se présentent. Certains des jeunes qui composent aujourd’hui la troupe, n’ont même pas vu Political Mother. C’est un terrain inconnu pour eux. Je veux être proche de cette nouvelle génération connectée à Youtube, comprendre ce qu’ils ressentent pour nourrir cette nouvelle version « rock’n’roll » de Political Mother. Si nous avons pu relancer le projet, c’est grâce à la détermination du Théâtre de la Ville et d’Emmanuel Demarcy Mota, dont je salue la décision de nous faire venir à Paris pour toute la période telle qu’elle était prévue aux Abbesses, faisant déjà suite au report d’avril. Alors que nous nous préparions pour notre tout premier contact avec le public, nous avons appris que les théâtres allaient rester fermés. Mais le Théâtre de la Ville reste engagé envers et contre tout, en inventant des nouveaux formats pour maintenir le lien avec le public, et nous à ses côtés, à fond !

Jeanne Liger