Théâtre sans frontières

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A l’affiche de la 9e édition de Chantiers d’Europe avec Before, Pedro Penim, leader de Teatro Praga, livre les secrets d’une identité artistique mutante.

Le Teatro Praga est, de fait, un collectif d’artistes. Comment le définiriez-vous ? Pedro Penim – Récemment, nous en sommes venus à nous qualifier de «fédération d'artistes». Nous continuons à produire des spectacles ensemble, mais nous avons aussi une activité individuelle, reliée ou non au Teatro Praga. Le groupe fonctionne comme une sorte d'unité fédérale. Auparavant, nous parlions de « constellation ». Cela a beaucoup à voir avec les gens qui en font partie. C'est ce qui donne une identité au groupe lui-même, mais cette identité est mutante. Parfois, nous avons envie d’aborder certains sujets, parfois d'autres. On peut aussi nous percevoir en tant qu'agents créatifs et culturels ou bien en tant qu’individus qui s'intéressent à différentes thématiques plutôt qu'à l'activité en elle-même. Le théâtre en fait juste partie. C’est une terre fertile, qui signifie beaucoup et en même temps si peu, mais les limites du théâtre semblent assez souples pour pouvoir jouer avec elles.

L'identité et le groupe

Est-il facile d'affirmer une identité au sein d'un groupe ? PP – J'irai même plus loin : je n'aurais pas pu m’affirmer hors du groupe. J'essaie de transmettre cela à mes élèves : au théâtre, vous dépendez complètement des personnes que vous rencontrez dans votre vie et de la façon dont celles-ci influencent ce que vous êtes.

LA MUTATION D’UN PROJET (intertitre) Le Teatro Praga a ouvert son propre espace fin 2015, Rua das Gaivotas à Lisbonne. Cela marque une étape importante dans la vie du groupe ? PP – C'est le signe le plus évident de la maturation du projet du Teatro Praga. Nous avons grandement bénéficié des années 1990, lorsque le Portugal traversait une phase plutôt prospère d’un point de vue économique avec pour effet, pour la première fois, un ministère de la Culture qui a commencé à imiter le modèle français de soutien aux arts. Nous avons également eu le soutien de personnes qui ayant démarré leurs projets au cours des années 1980, nous ont ouvert les portes de leurs lieux pour que le public puisse connaître notre travail. Aujourd’hui, la situation s’est dégradée et les jeunes artistes n'ont pas accès aux institutions, ils ne peuvent pas s’affirmer comme nous avons eu la chance de pouvoir le faire...

Propos recueillis par Jean-Marc Adolphe