Théâtre sans frontières

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Dans le domaine du spectacle, comme en politique, certains principes sont immuables. Dont cette règle qui veut que nul ne restera durablement au firmament s’il n’est pas passé par un labeur de fond et un travail radical : prendre les choses par les racines. Honji Wang et Sébastien Ramirez sont de ceux-là. Véritables pop-stars de la danse contemporaine, ils travaillant régulièrement avec des pointures de la scène musicale. Mais ils se sont rencontrés sur le terrain des clubs et des battles de la break dance, discipline exigeante, athlétique et fortement ancrée au sol.
Dans Monchichi, leur première création, ils racontent en 2011 leur vie de couple multiculturel, dans un langage chorégraphique très personnel, mêlant hip-hop, comédie et esprit contemporain. En 2017, Monchichi tourne toujours et récolte même un Bessie Award! Ce qui prouve que cette autofiction qui aborde le vivre-ensemble sous l’égide de la rencontre des civilisations, va droit au coeur de notre époque. Wang et Ramirez sont tous les deux nés en leurs pays, mais dans un ailleurs culturel : elle, en Allemagne comme fille d’un couple coréen. Lui, à Perpignan, de parents espagnols. Dans Monchichi, ils rendent compte des formidables possibilités ouvertes par de telles fusions.
Portés par l’énergie d’un tel bond en avant, ils n’ont cessé de s’envoler, en faisant du gréage leur mode de renouvellement, et ce dans Borderline (2013) autant qu’avec Everyness (2016). Ces deux pièces de groupe accompagnées par le Théâtre de la Ville ont renforcé leur renommée internationale. Wang et Ramirez y lancent de nouveaux défis aux B-Boys ou Girls, qui affrontent la suspension et l’apesanteur. Ces créations apportent des réflexions profondes sur le principe républicain de l‘égalité et les valeurs qui sous-tendent les relations d’amour et d’amitié et le vivre-ensemble dans la diversité.
En même temps, la liste de leurs collaborations internationales ne cesse de s’allonger.D’abord, Felahikum, un duo interprété par Honji Wang et Rocío Molina, enfant terrible de l’avant-garde flamenca et chorégraphié par les deux et Ramirez, qui mène également une recherche sur la technologie interactive à Helsinki, au musée Kiasma. En 2015, ils participent ensemble au « Rebel Heart Tour » de Madonna et collaborent en 2016 avec Nitin Sawhney, la star britannique de la musique fusion, pour Dystopian Dream. En 2017, Wang et Ramirez créent une nouvelle rencontre interculturelle, un duo de Honji Wang avec Sara Mearns, danseuse étoile au New York City Ballet. Forts de leur créativité débordante, les deux devraient continuer encore longtemps d‘explorer de nouveaux horizons, sans oublier leurs racines.
Thomas Hahn